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Editions L’Entretemps : La scène circulaire, un ouvrage précieux !

Par Laurent Schteiner, le 17 mai 2015 — editions l'entretemps, la scène circulaire — 3 minutes de lecture

Les Editions de l’Entretemps ont publié récemment un magnifique ouvrage sur la scène circulaire. Si au début était le cercle, force est de constater sa prééminence dans les domaines des arts. Le cercle fait partie des fondements de notre civilisation occidentale. Dès le VIIe siècle avant notre ère, les danses des bacchantes dessinent un cercle qui préfigure le théâtre. Cet ouvrage décline les choix de metteurs en scène à s’intéresser à ce retour aux sources.

Nous axerons cette recension  sur deux metteurs en scène afin de donner l’envie aux lecteurs d’aller plus loin dans cette recherche pertinente de cet ouvrage autour de cette scénographie « classique ».

Dans l’exhibition des mots, Denis Guénoun reprenait l’idée que seul le cercle guidait le public vers une communion avec le jeu en opposition avec le public disposé de façon frontale. Michel Vivaner estime que « le rond est l’indéterminé. L’ouverture vers l’aléatoire. L’acteur ne sait pas ce qu’on voit de lui. ce que le spectateur voit de lui dépend du hasard de son placement, diffère de ce que voit un autre spectateur. Cette indétermination fait culbuter l’échelle hiérarchique de  ce qui est avantageux…Tout point de surface de jeu a la même valeur. »

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Joël Pommerat fait partie de ceux qui se sont servis d’un espace circulaire pour créer et réaliser ses propres recherches C’est ainsi que dans Cercles/Fictions, il a utilisé avec son complice Eric Soyer un tour de piste d’un mètre afin que les comédiens se détachent sur un fond noir autour. « Ce procédé a permis de faire disparaitre la perception des limites de la scène en travaillant sur les lumières, ténues voire vaporeuses, et embarquer le public dans des contrées inconnues. Le spectateur ne voit pas les autres même s’il perçoit leur présence. Dans ma chambre froide par contre, le tour de piste est bas et le spectateur a toujours conscience des autres qui encerclent l’aire de jeu. Le public dessine le fond de scène, le lointain. » (Eric Soyer, scénographe). Les lumières sont blanches, plutôt cliniques avec une omniprésence de vibrations. Tout cela fonctionne en corrélation avec l’univers sonore qui vient soutenir la lumière.

Cet ouvrage de toute évidente est passionnant à plus d’un titre puisqu’il passe en revue les différentes idées de création scénographique, véritable support de la mise en scène et des lumières associées. Il regorge également d’enseignements tirés de colloques et de recherches faites en ce domaine ! Un livre rare à découvrir !

Laurent Schteiner

 

La scène circulaire aujourd’hui, ouvrage dirigé par Romain Fohr et Guy Freixe
Prix : 28 € – ISBN : 978-2-2355-39194-1
Editions de l’Entretemps
2 place Pierre Lavène
Lavérune
www.entretemps.org