Après des débuts remarqués au Théâtre des Déchargeurs le trio féminin exubérant Les Intrépides, mené tambour battant par Laura Perrotte, est de retour avec son spectacle « Nous qui sommes cent » du suédois Jonas Hassen Khemiri. Une plongée névrotique et bourrée d’humour dans le cerveau torturé d’une femme ordinaire, à découvir au Nouveau Ring.

Photo2Jean-François Faure

Trois femmes et autant de caractères bien trempés. Chacune a sa personnalité, ses rêves, ses revendications. Trois femmes qui finalement se fondent en une seule, un moi équivoque à la croisée de plusieurs chemins. Chacune, à force de discussions tente de mener les autres vers la vie choisie, elles essaient désespérément de trouver un simulacre d’équilibre psychique, elles réécrivent l’histoire à l’infini tentant de faire éclater une vérité parmi les autres.
Chorales et dissonantes à la fois, les voix forment un tout, complexe et multiple. Au gré de disputes, de quêtes existentielles, de tentatives de suicides avortées, ensemble peut-être trouveront-elles la voie de la sérénité.

Après la découverte du fascinant « J’appelle mes frères » par la compagnie Les Entichés, force est de constater que Jonas Hassen Khemiri sait dépeindre avec beaucoup de relief les tréfonds de l’âme humaine. Au delà du portrait de femme c’est en effet la question de l’individu et de son rapport au monde qui prime; comment il résiste, quelque soit son genre, aux déceptions et aux pressions quotidiennes imposées par une société formatée. Une étrangeté qui prend corps au fur et à mesure, une sensation qui fait écho en chacun, ce trouble, cette schizophrénie permanente, elle existe cachée au fond de nous. Jonas Hassen Khemiri la révèle avec ingéniosité dans cette partition à trois voix, son style incisif souligne précisément le point de rupture des sensibilités. Laura Perrotte fait preuve d’inventivité face à ce texte délicat et met en forme des tableaux particulièrement réjouissants où les comédiennes s’amusent et fantasment à foison d’un horizon plus rose. Une belle découverte et une jeune équipe à encourager !

Audrey Jean

« Nous qui sommes cent » de Jonas Hassen Khemiri
Traduit du suédois par Marianne Segol-Samoy

Mise en scène de Laura Perrotte
Avec Caroline Monnier, Laura Perrotte et Isabelle Seleskovitch

Crédits Photos : Jean-François Faure

Festival Off d’Avignon 
Nouveau Ring à 18H

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