« Reconstitution » de Pascal Rambert, une partition à deux écrite tout spécialement pour Véro Dahuron et Guy Delamotte, une bataille houleuse pour deux anciens amants que la vie a écorché, une danse sensuelle pour deux corps oubliés qui se retrouvent, une tentative d’apaisement enfin.

« Véronique : Il va falloir se souvenir de tout
ça c’est un bon début
tu te souviens ? 

Guy : C’est mêlé
c’est à la fois bien et inquiétant » 

C’est comme un écho, comme une réponse à son très beau succès « Clôture de l’amour ». Comme si l’on retrouvait après l’usure des années le couple emblématique formé par Audrey Bonnet et Stanislas Nordey sous les traits changés de Véro Dahuron et Guy Delamotte. Oui, incontestablement les années ont passées, les épreuves ont façonnées les corps et les visages, les coups ont brutalisés le couple, il n’est plus. Pourtant il reste quelque chose, quelque chose de grand et indéfinissable, quelque chose qui colle dans les souvenirs, les images, les odeurs, les contacts. Entourés d’objets marqués par leur histoire, le couple tente tant bien que mal de recréer les conditions d’un amour qu’ils ont adoré, de reconstituer un moment, celui qui a, à tout jamais, sceller leur deux destinées. L’on retrouve ici le style si reconnaissable de Pascal Rambert, que ce soit dans le dispositif scénographique, les costumes ou par dessus-tout dans la langue, le rythme de cette langue, son exigence et sa complexité. Car au-delà du simple règlement de comptes « Reconstituion » devient au fil du spectacle une envolée presque lyrique et douloureuse sur la violence d’aimer, une recherche philosophique sur la vie et la mort d’une relation amoureuse, la difficulté d’abandonner une construction inachevée et de traîner à jamais les sacs de souvenirs qui font mal. Véro Dahuron et Guy Delamotte prennent beaucoup de plaisir à s’approprier ce texte sur mesure et engagent fébrilement corps et émotions dans ce face-à-face beau et triste, dans cette tentative un peu ridicule de jouer l’amour pour de faux, de recréer naïvement des souvenirs du passé. Se souvenir c’est ce qu’il reste quand tout est fini mais se souvenir c’est aussi être vivant.

Audrey Jean

« Reconstitution » Texte et mise en scène de Pascal Rambert 

Avec Véro Dahuron et Guy Delamotte

Festival Off d’Avignon
La Manufacture
 Du 5 au 14 juillet à 11h40

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