Le théâtre 13 présente actuellement un magnifique spectacle empreint d’humanité, « Danser à la Lughnasa » de Brian Friel. La mise en scène signée Gaëlle Bourgeois nous transporte en Irlande en 1936.  Cet été là, deux hommes vont faire irruption dans ce monde féminin : l’oncle Jack qui revient mourant d’Ouganda après avoir passé 25 ans à servir dans une Léproserie et Gerry Evans, le charismatique père de Michaël, trop souvent absent. L’Irlande change, les mœurs évoluent, les campagnes se dépeuplent. C’est la fin d’une époque mais aussi celle de l’enfance de Michael. Il nous raconte « ce curieux mélange de souvenirs »….  Mais découvrez plutôt notre entretien avec Gaëlle Bourgeois, l’artisan de ce beau succès :

© Laurent Schteiner
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En replongeant dans cet été de 1936, Michael n’agit pas par pure nostalgie, il cherche avant tout à comprendre la nature du malaise qu’il ressentait enfant. Et c’est dans ce voyage intime, en faisant renaître ses souvenirs, qu’il va peu à peu prendre conscience de l’extrême précarité et de l’isolement dans lesquels vivaient sa mère et ses tantes, elles qui tâchaient coûte que coûte de le préserver. Michael découvre alors que son monde était en train de s’effriter sous ses yeux, alors même que ses tantes et sa mère restaient impuissantes, prisonnières de leur condition.

Tout en gardant une magnifique tendresse pour tous ses personnages, Brian Friel nous raconte le sacrifice de ces femmes qui payent de leur liberté la fuite des hommes.

Et pourtant, malgré toutes leurs privations, le manque d’argent, de nourriture, de sexe, et d’amour, jailliront de leurs corps, comme un ultime exutoire, des espaces de débordement et de liberté. Un acte de survie et de résistance dans un monde en pleine rupture.

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