A l’occasion du prochain festival d’Avignon, Gregori Baquet revient sur sa carrière et ses projets en nous offrant une interview en exclusivité. Découvrez également les spectacles qu’il défendra dans quelques jours lors du festival (notamment LE K à 14h45 au théâtre Buffon – 18 rue Buffon).

1) Vous avez touché à tout : télévision, cinéma, théâtre… qu’est-ce qui vous a le plus porté et transcendé ? Et pourquoi ?
Je suis effectivement un touche à tout et c’est exactement cela qui me fait vibrer. Pourvoir passer d’un univers à l’autre, d’un style à un autre. C’est pour cela que la réalisation (en ce qui concerne l’image animée) ou la mise en scène de théâtre reste pour moi l’expérience idéale. Lorsque l’on est le réalisateur, on peut cumuler plusieurs emplois. J’aime l’idée d’être responsable de tous les maillons de la chaîne de création. De l’écriture à la distribution. En passant par, la production, la création des décors, des costumes, la lumière, la musique, la réalisation, l’interprétation…Mais toujours entouré de gens compétents et imaginatifs qui peuvent participer au melting-pot des idées. J’adore le mot que les italiens utilisent pour désigner le réalisateur: « Régisseur ». Celui qui régit toutes les énergies.

2) Si vous aviez un regret à nous faire partager, quel serait-il ?
Sincèrement, je ne regrette rien. J’assume tout mes choix et je vais de l’avant. Mes choix et mes goûts s’affinent de jours en jours et j’ai pu faire des choses qui n’étaient pas toujours du meilleur goût, mais je les assume complètement. Ah si, quand même un regret. De devoir dormir quelques heures la nuit alors que je pourrais les passer à lire ou à écrire.:-)

3) Quel artiste vous a le plus impressionné au cours de votre carrière ? Et pourquoi ?
Enfant, j’avais la chance de suivre mon papa, qui était comédien, en tournée. Lors d’une de celle-ci, que j’ai eu la chance de suivre plusieurs dates d’affilées. Je voyais Pierre Arditi arriver dans sa loge le dernier. Généralement 1/2h – 1h avant le lever de rideau. Moi les yeux grands ouverts je l’attendais avec impatience, c’était déjà un acteur très connu. Lorsqu’il arrivait il me racontait sa journée brièvement. Il s’était levé vers 4h du matin pour tourner un film. L’après midi il répétait une pièce, il enchainait avec une synchro et puis son chauffeur le menait au théâtre et puis, de temps en temps, la nuit il tournait un autre film. Je me disais: « wouah, j’adore. Plus tard je veux faire Pierre Arditi comme métier »

4) Comment fait-on pour se construire artistiquement quand on a eu la chance d’avoir un père si illustre ?
La grande chance que j’ai eu, est d’avoir eu un père illustre mais dont peu de personne se souviennent. 😉 Du coup, moins de pression. Que le meilleur. La curiosité et l’éducation qu’il nous a donné. L’amour des gens et du métier. Et d’un métier qui n’est pas sérieux mais qu’il faut faire le plus sérieusement possible. Ma maman à été aussi un pilier essentiel dans le fait de ne pas être écrasé par le charisme de papa. Maman en avait un très fort aussi…;-)

5) Vous êtes un habitué des Molières. Justement quel regard jetez-vous sur cette institution ?
Je vais être très franc. Quand on y est ignoré, on trouve que ça ne sert à rien et que c’est nul. Et lorsqu’on y est mis en lumière on trouve ça génial..! J’ai eu la chance d’y être régulièrement. je prends cela comme une grande marque d’amitié des gens du métier qui votent. Et comme un signe d’encouragement à continuer à faire ce que je fais. Mais je ne suis pas dupe du lobbying que les sociétés de production font pour gagner le fameux sésame qui, malgré tout, continue d’être un énorme coup de projecteur sur certains spectacles qui peuvent avoir une vie d’exploitation plus longue grâce à ça.

6) Vous reprenez au Festival d’Avignon Le K (créé en 2014). Qu’est-ce qui vous a poussé à faire ce choix ?
L’envie de retrouver les mots de Buzzati. L’envie de me retrouver de nouveau seul sur scène. J’adore ça. C’est mon côté égocentrique. 😉 Et puis j’ai pu reprendre les droits et modeler la mise en scène à ma façon, en l’épurant. Et ainsi faire de ce spectacle la première production 100% maison, la « Compagnie Vive. »

7) Jouez-vous dans d’autres pièces au Festival d’Avignon ?
Oui je reprend aussi à 11h10 à la condition des soies, le spectacle que j’ai écrit et créé il y a deux ans à Théâtre Actuel, adapté du roman de Grégoire Delacourt: « On ne voyait que le bonheur ». Et la compagnie Vive co-produit « En attendant Bojangles » au théâtre des Béliers à 17h15 que met en scène ma co-fondatrice de la compagnie, Victoire Berger Perrin.

8) Quels sont vos projets pour la rentrée ?
J’ai tourné dans le dernier long métrage de Nicolas Vannier. « Donne moi des ailes » sortira le 9 octobre et j’y ai un joli second rôle. Je donne la réplique à Mélanie Doutey et Jean Paul Rouve. Je termine l’installation de ma compagnie (Vive) dans les landes. Je travaille en étroite collaboration avec le théâtre de Gascogne de Mont de Marsan. Je continue les ateliers que je donne au Centre Educatif Fermé (pour mineur) et au sein du centre pénitentiaire. Et j’écris un spectacle pour une prochaine création en 2020-21.

Propos recueillis par Laurent Schteiner

© photo Emilie Deville

 

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