Matt Hartley a signé à la théâtrale Jeunesse un ouvrage retentissant en nous offrant une fenêtre sur le monde actuel de l’adolescence. Une jeunesse au cœur des réseaux sociaux où sa fragilité et son besoin de reconnaissance expresse s’avèrent déterminant à cette œuvre criante de vérités. La langue poétique de Matt Hartley nous présente cette pièce sous un format inédit, où théâtre et cinéma pourraient ici ne faire qu’un.

 

L’auteur nous plonge rapidement dans un univers dont le mode opératoire relève de la superficialité des modes de vie des jeunes actuels. Ce besoin de reconnaissance à tout crin, de sortir de l’anonymat s’exprime à travers une quête, quelle qu’elle soit, d’événements vide de sens et de contenu. Cette situation s’explique parfaitement par les progrès de la technologie engendrant des outils de communication isolant davantage les individus. La société a créé sa propre asociabilité. Ce mode virtuel a créé une clientèle consommatrice de  ces avancées techniques. C’est ainsi que la Société s’est offert le luxe de sa propre immaturité générant ainsi des générations baignant dans les fantasmes de réussite sociale et d’argent vite gagné. Cette déresponsabilisation de la société accompagne cette frange de la population dans une perte de ses valeurs tenant à sa propre évolution et à en revendiquer d’autres dont la finalité aléatoire s’avère confondante d’inanité ; les structures familiales ayant choisi, en partie, de se résigner.

 

Ce jugement hâtif ne tient pas compte de la fragilité de ces adolescents qui pris dans cet engrenage ne parviennent que difficilement à trouver leur voie. Matt Hartley montre, à travers le cheminement de Chloe, 15 ans, cette adloescente repliée sur elle-même, son choix d’une vie pleine d’espoir. A la suite de la mort de son frère Luke, un vaste mouvement de compassion de jeunes adolescents va leur fournir l’occasion d’exister à travers ce drame. « Pathos » et exploitation de ce malheur vont amener Chloe a entrevoir sa vie différemment en s’extirpant de cette glue consensuelle typique de sa génération.

 

Le style de l’auteur s’apparente à une écriture scénaristique où les fondus enchainés rythment cette histoire du début à la fin. Si le phénomène de désertion des abeilles de leur propre ruche est manifeste, Chloe décide de vivre cette nouvelle évolution en assumant sa nouvelle liberté. Cet ouvrage, transgénérationnel, est à lire d’urgence tant son contenu nous interpelle et nous force à la réflexion.

 

Laurent Schteiner

 

L’Abeille de Matt Hartley

Traduction de Séverine Magois

8 €

ISBN : 978-2—84260-462-2

 

Editions Théâtrales

20 rue Voltaire

93100 Montreuil

www.editionstheatrales.fr

www.tjeu.fr

 

 

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