Jean Bellorini présente actuellement au TGP Onéguine d’Alexandre Pouchkine, traduit par André Markowicz. Ce spectacle met à l’honneur la poésie et le romantisme russe de Pouchkine. Assis sur un dispositif convivial et original, Jean Bellorini nous transporte de facto dans la Russie du poète à travers les strophes rimées de cette œuvre monumentale. Ce spectacle fluide et passionnant retient en haleine le public d’un bout à l’autre de la pièce. Un spectacle exceptionnel à découvrir !

Le vent siffle à travers les plaines russes. Les branches des arbres griffent la carriole qui emmène Eugène Onéguine vers un oncle mourant. Quel ennui le guette ? Attendre la fin de ce parent… Le poète nous décrit cette indolence qui prévaut à l’ennui caractérisant la bourgoisie. Sa rencontre avec Lensky, un jeune poète va décider de son destin. Tous deux réunis dans une amitié sans faille rencontrent deux jeunes femmes qui les séduisent Olga et Tatiana. Onéguine attiré par Tatiana et gagné par un immobilisme patent ne sera pas en mesure de répondre à la passion dévorante de la jeune femme. Son amitié avec Lensky connaitra un destin tragique. Le destin facétieux séparera Onéguine de Tatiana. Des années plus tard, leurs retrouvailles réveilleront les désirs d’Onéguine pour cette femme désormais mariée à un prince et désormais inaccessible. Vécu à sens unique, cet amour se brisera sur les récifs des opportunités perdues réduisant à néant les espoirs d’Onéguine.

Alexandre Pouchkine a créé ce roman de huit chapitres composé de strophes rimées. Fruit d’un travail qui s’étire sur une dizaine d’années, l’œuvre baigne dans le romantisme russe où l’ennui se dispute à la mélancolie rappelant Tchekhov. Il en résulte un roman d’une extrême beauté et traduit par André Markowicz, poète et traducteur notamment des œuvres complètes de Dostoïevski.

Le dispositif unique de cette adaptation emmené par Jean Bellorini atteste d’une grande originalité et d’un soin extrême à traduire cette œuvre poétique au théâtre. Le public, installé de manière bi-frontale et équipé de casques audio, suit cette histoire avec une grande attention. La pièce se veut narrative et les personnages défilent tous munis d’un simple micro. La régie assure une ambiance-son propice à quelques facéties complétant le tableau des confins de la Sibérie ou encore à Saint Petersburg. La narration, accompagné d’extraits librement inspirés de l’Opéra Eugène Onéguine de Tchaïkovski, capte un public dont l’imagination vagabonde et se nourrit des propos des personnages. La fluidité de l’histoire est impressionnante. Saluons le jeu émérite de tous ces comédiens qui s’apparente à une performance étonnante compte tenu du caractère ardu du texte. Rares sont les spectacles susceptibles de maintenir l’attention du spectateur de bout en bout !

Laurent Schteiner

 

Oneguine d’après Eugène Onéguine d’Alexandre POUCHKINE
Traduction d’André MARKOWICZ
Mise en scène de Jean BELLORINI

Avec Mélodie-AMY WALLET, Clément DURAND, Gérôme FERCHAUD, Antoine RAFFALLI  et Matthieu TUNE

Composition originale librement inspirée de l’Opéra Eugène Onéguine de Piotr TCHAÏKOVSKI enregistrée et arrangée par Sébastien TROUVÉ et Jérémie POIRIER-QUINOT

  • Flûte : et Jérémie POIRIER-QUINOT
  • Violons : Benjamin CHAVRIER et Florian MAVIELLE
  • Alto : Emmanuel FRANCOIS
  • Contrebasse : Julien DECORET
  • Euphonium : Anthony CAILLET
  • Assistanat à la mise en scène : Mélodie-AMY WALLET
  • © photos Pascal Victor/ArtcomPress

TGP, CDN de Saint-Denis
59 rue Jules Guesdes
93200 Saint-Denis
Réservations : 01 48 13 70 00

Jusqu’au 20 avril 2019 à 20h30

Tournée : du 21 au 26 mai 2019 au théâtre de La Criée, Théâtre National de Marseille

 

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