À la Cartoucherie de Vincennes en ce moment la grande salle de la Tempête ne désemplit pas, la pièce d’Edmond Rostand « Cyrano » classique parmi les classiques attise visiblement toujours la curiosité d’un public très divers venu en nombre découvrir cette mise en scène de Lazare Herson-Macarel. Les spectateurs ne resteront pas sur leur faim, c’est en effet un théâtre joyeux, festif, populaire et haut en couleurs que la troupe leur promet avec en fil rouge une déclaration d’amour à la fantaisie et à l’art de la scène.

Cyrano est amoureux fou de la belle Roxane, mais celle-ci lui annonce au moment où il commençait à vouloir se dévoiler qu’elle en aime un autre, le séduisant Christian. Cyrano porte sur son visage ce fameux nez disgracieux, Christian se dit sot et ne peut aligner plus de deux mots lorsqu’il s’agit de faire la cour à une femme. Les deux protagonistes s’associent alors pour ne former qu’un seul homme et conquérir la belle.

Le spectacle démarre tambour battant dans une atmosphère survoltée, il faut dire que la troupe sait y faire lorsqu’il s’agit de transformer la scène en un joyeux bal où les personnages sont présentés un à un grâce à une savante chorégraphie. Le plateau et la scénographie sont pourtant assez simples, proches d’un théâtre de tréteaux, un style artisanal avec des éléments en bois mouvants et représentants tour à tour plusieurs lieux de l’action. Lazare Herson-Macarel fait ici preuve de beaucoup d’inventivité, il y a dans sa mise en scène une multitude de trouvailles, des petits détails pour agrémenter ça et là l’intrigue. La première partie du spectacle se déroule ainsi au gré d’un rythme trépidant, une envolée électrisante où les mots d’Edmond Rostand claquent dans l’air avec panache. La distribution est d’ailleurs tout aussi éclatante, les acteurs sont enthousiasmants et semblent prendre beaucoup de plaisir à s’approprier avec fantaisie cette partition iconique. On regrettera cependant un manque d’équilibre sur l’ensemble du spectacle, la deuxième partie pêche un peu, Lazare Herson-Macarel peine à mettre plus de poids dans sa mise en scène lorsqu’il s agit d’être plus dramatique. La légèreté et la joie, le panache du début ne trouve pas totalement son pendant dans le drame et la pièce perd alors un peu en consistance. Pourtant, difficile d’en vouloir  vraiment à cette équipe tant les comédiens sont attachants et font preuve d’une énergie débordante de bout en bout, gageons sans doute que le spectacle trouvera par le futur une forme plus équilibrée sur la longueur. Saluons pour finir la prestation d’Eddie Chignara absolument brillant en Cyrano ainsi que celle de David Guez irrésistible en Ragueneau. Ce « Cyrano » de la Tempête constitue en tous les cas un excellent divertissement en cette fin de saison, le succès est d’ailleurs d’ores et déjà au rendez vous, la salle affiche quasiment complet tous les jours.

Audrey Jean

« Cyrano » d’Edmond Rostand
Mise en scène de Lazare Herson-Macarel

Avec Julien Campani, Philippe Canales en alternance avec Eric Herson-Macarel Céline Chéenne, Eddie Chignara, Joseph Fourez, Salomé Gasselin, David Guez, Pierre-Louis Jozan, Morgane Nairaud, René Turquois, Gaëlle Voukissa
Scénographie Ingrid Pettigrew
Costumes Alice Duchange assistée de Selma Delabrière
Lumière
Jérémie Papin assisté de Léa Maris
Création musicale Salomé Gasselin et Pierre-Louis Jozan
Maquillages Pauline Bry
Maître d’armes François Rostain
Régie générale Thomas Chrétien
Collaboration artistique Philippe Canales
Assistanat à la mise en scène Chloé Bonifay

Théâtre de la Tempête jusqu’au 16 Décembre
du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h

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