Gilles Ségal nous propose actuellement, au théâtre des Mathurins, un conte initiatique remarquable, En ce temps-là, l’amour… Dans une belle mise en scène de Christophe Gand, l’auteur nous donne une leçon de vie époustouflante lors d’un trajet en train. Un récit magnifique sur la transmission des idéaux et des espoirs aux jeunes générations !

Gilles Ségal a  choisi de nous présenter une nouvelle dénuée de tout aspect pathétique mais s’inscrivant cependant dans une trame dramatique. Ce récit repose sur l’évocation d’un homme qui se remémore un souvenir dramatique survenu lors de la 2e guerre mondiale. A la veille de devenir grand-père, ce souvenir qui le hante depuis des années, l’amène à en révéler l’existence à son fils. Ce témoignage ou la transmission d’une leçon de vie s’avère faire écho à ce souvenir dont il fut le témoin. Des bandes magnétiques enregistrent alors son récit livrant à son fils, vivant aux Etats-Unis, un témoignage poignant de son trajet en train vers Auschwitz. Il décrit, de façon factuelle, l’horreur de l’entassement humain, les humiliations dues à la promiscuité, les cadavres qui s’empilent, la soif, la faim et l’angoisse de la destination finale.

Dans un coin reculé du wagon, il découvre un père et son fils de 12 ans. Un enfant qui ressemble à son fils qui lui, vit caché auprès de sa femme. Le récit prend alors une tournure hallucinée devant les propos tenus par le père qui interroge son fils sur ses leçons. Les passant en revue, il en profite pour philosopher, pour lui insuffler les miettes d’une hypothétique vie future. Devant cet acte désespéré de transmission dans ce convoi qui va vers la mort, le narrateur ne perd pas une once de cette conversation. Fasciné devant cette transmission désespérée d’un père à son fils qui lui donne le change, le narrateur et témoin assiste à ce dialogue surréaliste. Les jours s’égrènent dans ce tombeau roulant où le père ne désarme à aucun moment. Son amour et son désespoir sont tellement immenses qu’ils nous submergent d’émotions… L’adaptation théâtrale de cette œuvre, magistralement interprétée par David Brécourt, nous laisse pantois devant cette leçon de vie et d’amour que la bestialité nazie n’a pu arrêter.

« En ce temps-là, l’amour était de chasser ses enfants… »

Laurent Schteiner

 

En ce temps-là, l’amour… de Gilles Ségal
Mise en scène de Christophe Gand

Avec David Brécourt

  • Scénographie : Nils Zachariasen
  • Costumes : Jean-Daniel Vuillermoz
  • Lumière : Denis Koransky
  • Musique originale : Raphaël Sanchez
  • © photos ABE Photographie

Théâtre des Mathurins
36 rue des Mathurins
75008 Paris

Locations : 01 42 65 90 00

Du mercredi au samedi à 21h, le dimanche à 16h30

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