La Maison des métallos vient de mettre à l’honneur un texte de Michel Agier et Catherine Portevin, La neuvième nuit, nous passerons la frontière. Ce texte basé, sur une première version intitulée Le Couloir des exilés, est un témoignage fort et émouvant du parcours mortifère des migrants en Europe. Ce spectacle, coup de poing, permet de réveiller les consciences de nos congénères endormis sous des acquis confortables et d’envisager l’Humanité dans sa globalité.

« Celui qui bouge, celui qui se déplace fait peur à l’autre. Il y a les mondiaux et les locaux. Les premiers peuvent se rendre partout. Les seconds, en revanche, disposent d’un périmètre plus étroit et ne bénéficient pas de la chance des premiers. »

Toutes ces affirmations font mouche et nous présentent une situation où le migrant est celui qui se déplace du fait des guerres, de la famine, des catastrophes naturelles… Ce faisant, il vient perturber aujourd‘hui la vie paisible de populations européennes peu disposées à lui tendre la main. A regarder de plus près l’histoire de l’immigration au XXe siècle, l’Europe a toujours accueilli toutes sortes de populations : des italiens, des espagnols, des juifs persécutés par les nazis,  des rapatriés d’Afrique du nord, des « boat people »…. Toutes ces mosaïques ont su créer la richesse et l’identité des pays accueillants.

Roland Gervet et Anne-Marie Van décrivent dans ce spectacle le parcours chaotique de ces populations migrantes. Des sommes d’argent extorquées par les passeurs aux camps où les pays « accueillants » les placent, la misère et le désespoir deviennent les porte-drapeaux de ces pauvres gens ballotés par l’histoire et la nécessité. Anne-Marie Van danse avec fureur le désespoir de ces migrants qui voient leurs espoirs s’envoler. Ce réquisitoire sans appel du drame, qui frappe ces populations martyres, appelle un réveil d’une humanité qui baigne dans le formol.

La mise en scène réaliste et narrative de Marcel Bozonnet est efficace. Entrecoupées de chorégraphies, la mise en scène varie les effets et les modes d’expression en assurant un discours clair et violent de la tragédie que vivent ces déracinés rejetés de tous. Ce spectacle brillant est à mettre entre toutes les mains et particulièrement dans celles des jeunes générations qui composeront le monde de demain.

Laurent Schteiner

La 9e nuit, nous passerons la frontière de Michel AGIER et Catherine PORTEVIN
Mise en scène par Marcel BOZONNET

avec Roland GERVET et NACH (Anne-Marie Van) et la voix de Nawel Ben KRAIEM

  • Scénographie et costumes : Renato BIANCHI
  • Collaboration artistique : Nathalie Von PARYS
  • Conception artistique vidéo : Raphaëlle VASSENT
  • Régie générale : Anne LEZERVANT et Vianney DAVIENNE
  • Construction : Alain PINOCHET et Frédérique VASSENT
  • Peinture : Claude DURAND
  • Photographies : Sara PRESTIANNI
  • © Pascal GELY

Maison des Métallos
94 rue Jean-Pierre Timbaud
75011 Paris

réservations : 01 47 00 25 20

du mardi 18 au dimanche 23 avril 2017

du mardi au vendredi à 20h, le samedi à 19h, me dimanche à 16h

 

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