Actuellement programmée au Théâtre de l’épée de bois la Compagnie de la Mandarine blanche vous donne rendez-vous avec deux spectacles « La femme oiseau » et « Pelléas et Mélisande ». Sous la direction d’Alain Batis « Pelléas et Mélisande » la pièce du belge Maurice Mæterlinck se pare ici d’une atmosphère mélancolique teintée d’étrangeté pour une immersion délicate à la source pure du poétique.

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Le prince Golaud perdu dans une forêt rencontre la belle Mélisande, en pleurs au bord d’une fontaine. Il la ramène avec lui au royaume d’Allemonde pour l’épouser et la présenter à Arkel son grand-père, Geneviève sa mère et Pelléas son demi-frère. Entre ce dernier et Mélisande naît un amour secret et interdit.

Si le grand public connait « Pelléas et Mélisande » sous la forme d’un opéra, notamment celui de Debussy, la pièce de théâtre de Maurice Mæterlinck est, elle, plus rarement montée. La compagnie de la Mandarine Blanche s’y attelle avec délicatesse, dans le juste prolongement de sa recherche métaphysique autour de la beauté entamée sur les précédentes créations. Comme à son habitude Alain Batis soigne son esthétique, convoquant pour l’occasion un univers éthéré, partiellement flouté par un voile opaque. Au cœur de cet espace cotonneux les perceptions se troublent au gré du mélodrame, des personnages sans passé, sans histoires se meuvent lentement comme enveloppés dans une matière indéfinie, protégés par leur propre sensibilité. Le théâtre d’Alain Batis est polysensoriel, sur le plateau plusieurs disciplines s’entremêlent et trouvent un point de rendez-vous dans la langue symboliste du poète belge. Tandis que des marionnettes étranges hantent progressivement l’espace scénique à l’ouverture du rideau, deux musiciennes délivrent de bout en bout une partition sur mesure de toute beauté, permettant au spectateur d’entrer plus intensément dans cette fable. L’écriture hautement symboliste de Mæterlinck tend sans cesse à dessiner les limites mouvantes entre obscurité et lumière, le péché des amants coupables doit ainsi rester tapi dans la pénombre, alors que la lumière fascine autant qu’elle effraie. La distribution est à la hauteur de l’enjeu, les interprétations de chacun délicates comme de la dentelle tant les mots de Maeterlinck semblent fragiles. Soulignons la performance de Tom Boyaval excellent dans le rôle du petit Yniold, ainsi que celle de Laurent Desponds qui fait preuve d’une certaine animalité, une tension plus terrienne dynamisant par endroits le crescendo de cet intrigue. Théo Kerfridin enfin se révèle, le jeune acteur trouve précisément le juste endroit entre la neutralité du jeu désincarné et une sensibilité à fleur de peau.

Audrey Jean

« Pelléas et Mélisande » de Maurice Mæterlinck
Mise en scène d’Alain Batis

Avec Tom Boyaval, Alain Carnat, Laurent Desponds, Théo Kerfridin, Pauline Masse, Saskia Salembier, Emilie Salavador, Elsa Tirel et Jeanne Vitez

Création musicale Cyriaque Bellot
Scénographie Sandrine Lamblin

Jusqu’au 5 Février
Du jeudi au samedi 20H30
dimanche à 16h
les samedis 21 janv. & 4 fév. à 16h

Spectacle tout public à partir de 12 ans
scolaires à partir de la 4ème
Durée 2h

● EXPOSITION
Dans le cadre de la présentation de « La femme oiseau » et de « Pelléas et Mélisande » au Théâtre de l’Épée de Bois, La Mandarine Blanche propose aux publics de venir découvrir des supports visuels nés au cours du processus de création.
Peintures et croquis préparatoires des costumes conçus par Jean-Bernard Scotto, photos des maquettes et esquisses scénographiques de Sandrine Lamblin, illustrations originales d’Aline Deguen (La femme oiseau) seront ainsi exposés au théâtre durant l’ensemble de la période.

● « La femme oiseau » – d’Alain Batis
Venez également découvrir « La femme oiseau » d’Alain Batis proposé par La Mandarine Blanche du 9 JANVIER AU 1 FÉVRIER 2017

 Théâtre de l’Epée de Bois – Cartoucherie 

 

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