Vincent Roca signe le texte d’un nouveau spectacle actuellement à l’affiche du Lucernaire « Qu’est ce qu’on fait pour Noël ? » Un titre mystérieux à l’image de ce dialogue surréaliste entre les comédiens Jacques Dau et Vincent Roca lui-même !

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HENRI – Le juge est tenu d’être présent au procès. On ne peut pas être juge et parti.
GÉRARD – Tu sais, par moments, on se demande si la justice vaut bien la peine.
HENRI – Les juges ne donnent pas la justice, ils la rendent. Cela veut sans doute dire qu’elle nous appartient.
GÉRARD – Tu as raison ! Un homme averti en vaut deux. Un homme prévenu, beaucoup moins. (…/…)
HENRI – Ajouter juste assez de justesse à la Justice !
GÉRARD – Mandat de perquisition, mandat d’amener, mandat de dépôt, mandat de comparution, mandat d’arrêt… Est-ce que les hommes politiques ont le droit de cumuler les mandats ?

Vincent Roca a obtenu le grand prix Raymond Devos en 2011, il s’agit d’un prix récompensant les acteurs d’une certaine progression, d’un rayonnement de la langue française. Après son précédent spectacle « Vite, rien ne presse ! » il poursuit donc son exploration de la langue au travers d’une création loufoque et tendre. Il y met en scène deux concierges qui refont le monde au sein de la loge de leur palace, deux énergumènes qui disgressent de tout et de rien, à grands renforts de proverbes et d’idées reçues malmenées avec humour par la plume de l’auteur. On y retrouve l’excellent Jacques Dau dont les seules mimiques jubilatoires suffisent à dynamiser l’ensemble en permanence. En face jouant le pendant stoïque et légèrement maniaque Vincent Roca distille une partition plus mesurée mais qui confère au tandem un côté Laurel et Hardy fort attachant. Un spectacle atypique dédié à tous les amateurs de jeux de mots et d’esprit, et surtout aux amoureux de la langue française !

GÉRARD – Les riches ont la richesse dans le sang. Ne dit-on pas : riches comme rhésus ? Les pauvres, eux, ont le travail dans le sang. Ne dit-on pas : pauvre comme job ?
HENRI – Prends un gosse de riche : on dit c’est un fils à papa. Un gosse de pauvre, on ne dit rien. On dit pauvre gosse.
GÉRARD – Mais dis-moi, pourquoi ceux qui ont du blé ne sont-ils jamais fauchés ?
HENRI – Les riches vivent dans l’aisance, les pauvres dans les lieux d’aisance. Enfin… dans le caca. Disons… dans le besoin.
GÉRARD – En mettant son argent en Bourse, le riche se fait des couilles en or. Le pauvre, lui, peut toujours se gratter…
Bizarrement, un carton posé sur une bouche d’aération, on appelle ça un logement de fortune.
Alèse pour un pauvre, ça veut dire matelas.

Audrey Jean 

« Qu’est-ce qu’on fait pour Noël ? » de Vincent Roca
Mise en scène de Jean-Pierre Beauredon

Avec Vincent Roca et Jacques Dau

Jusqu’au 25 Janvier
Du mardi au samedi à 20H
Dimanche à 15H

Lucernaire
53 rue Notre Dame des Champs

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