Théatres.com http://www.xn--thatres-cya.com Le théatres sur Paris, téléchargez des podcasts et interviews,theatre, sortie, sortir, piece de theatre, spectacle, theatre, podcast, interview, L'Arche editeur, Editions theatrales, L"Harmattan, Actes Sud, theatre contemporain, theatre classique, theatre jeune public, danse, music-hall, seul en scène, one man show, performance, billetreduc, ticketac, fnac spectacle, les 3 coups Mon, 10 Aug 2020 16:25:31 +0000 fr-FR hourly 1 Festival Humour et Eau salée : Interview de Julien Barret ! http://www.xn--thatres-cya.com/articles/festival-humour-et-eau-salee-interview-de-julien-barret/ Sun, 09 Aug 2020 10:43:50 +0000 http://www.xn--thatres-cya.com/?p=17996 Julien Barret, auteur, linguiste et journaliste a participé à cette 35e édition du Festival « Humour et Eau salée » en animant un atelier d’art oratoire. A cet effet, il nous a gratifié d’une interview passionnante…

Nous vous avons découvert au Festival Humour et Eau salée dans l’animation d’un atelier d’art oratoire. Quel a été votre parcours ?

L’art oratoire, qui est devenu populaire depuis une dizaine d’années, me fascine depuis l’adolescence. Ma première prise de conscience est intervenue au lycée en cours de français. J’écoutais alors du rap. Et je me suis aperçu que les poèmes qu’on étudiait en classe relevaient des mêmes procédés de rimes et de figures de style que le rap. En 2001, j’ai fait un mémoire à la Sorbonne sur la stylistique du rap français que j’ai réactualisé plus tard pour la publication de mon premier ouvrage, « Le rap ou l’artisanat de la rime ». C’est à travers le rap et les mots d’esprit que je suis venu à l’art oratoire. J’ai été guidé par toute cette tradition du mot d’esprit, du double sens et de l’équivoque que l’on voit dans le film Ridicule, alliée à une culture du slam, du rap et du stand-up.

En 2002, j’ai fait un mémoire de DEA sur les jeux de mots et en 2003 un master de journalisme à l’Institut Français de Presse. En tant que journaliste, mon premier travail a été chez Zurban, le magazine culturel parisien de l’époque où, dès 2004, je faisais des critiques de one-man-show. Ensuite j’ai travaillé pour pariscope.fr. A l’époque, j’allais au théâtre tous les soirs, pour voir des spectacles de stand-up notamment, avant d’en faire la recension, et j’ai continué en créant le site criticomique.com en 2008.

En tant que journaliste culturel et comme linguiste, je me suis toujours occupé de la performance vocale, qu’il s’agisse d’analyser les codes du stand-up à travers des critiques de spectacle ou écrivant des livres, notamment « Ecrire à voix haute » avec le slameur Souleymane Diamanka sur le slam, le griot, l’art oratoire, publié 4 ans avant la sortie du film « A voix haute ». Maintenant je me réjouis que l’art oratoire soit à l’ordre du jour et j’ai la chance de vivre de mon métier d’auteur, en tant que linguiste et animateur d’atelier

Qu’est-ce que ce Festival vous apporte ?

La première fois, j’étais venu en reportage et j’avais entendu une conversation de Denis Lecat et Sonia Pataux. Ils souhaitaient organiser une animation autour de l’éloquence. Du coup, je leur ai proposé un projet. Ce n’est pas l’éloquence au sens traditionnel que je cherche à promouvoir, mais toutes les éloquences possibles, du rap au stand-up, en passant par les bateleurs, le slam, ou certaines conversations. Je considère donc toutes les formes de paroles, sans les hiérarchiser et sans en défendre une plus que l’autre. Au fond, c’est un point de vue de linguiste. Le moment était propice à ce type d’atelier de prise de parole et j’ai trouvé un écho chez eux. Ce qui différencie le public du festival et celui de la fac où j’anime aussi des ateliers pour Eloquentia, c’est d’abord l’âge des participants, qui est un peu plus élevé, même s’il y a souvent un ado dans le groupe. Chez ce public particulier, on a souvent des instits ou des profs retraités. J’avais eu un public similaire, intergénérationnel, à la médiathèque des Halles où j’animais récemment un atelier d’écriture avec un slameur. Mais ce qui est vraiment spécifique à cet atelier oratoire du festival Humour et eau salée, c’est la possibilité de convier des artistes programmés dans le festival à venir partager leur expérience avec les participants. Cette année, ce fut le cas de Kosh, un artiste de beat box qui est venu faire une démonstration pendant 30 minutes. Ce moment de partage est extraordinaire.

Quelle est votre approche de cette population hétérogène (classes sociales, âge, milieux différents…) ?

Il y a des trucs qui permettent d’installer une ambiance décontractée en début d’atelier, on appelle ça par un anglicisme, des « icebreakers ». Par exemple, la « météo des émotions » permet à chaque participant d’exprimer son humeur du moment par une métaphore climatique : temps couvert, plein soleil, etc. Ce type de jeu peut être décliné à l’infini. Cette année, vu que le thème du festival était « musique et bricolage », j’ai demandé aux participants d’exprimer leur état d’esprit en utilisant une métaphore musicale ou renvoyant au champ lexical du bricolage. Il y a aussi d’autres exercices comme, côté slam, L’usine à rimes qui consiste pour les participants réunis en cercle à enchaîner le plus de mots possibles en faisant des rimes, ou bien en produisant une association d’idées, un synonyme ou un antonyme. J’essaie de déceler la voix/voie propre à chaque participant pour permettre à chacun de dire le type de discours qui lui convient le mieux, de la façon la plus adaptée. On peut très bien imaginer une plaidoirie, un sketch, un slam, un poème classique… j’essaie de coller à ce que je perçois de leur manière d’appréhender la parole, pour faire en sorte que chacun y trouve son compte en s’exprimant avec son style et suivant sa propre cadence.

Il s’agit d’une psychologie de la parole ?

Oui, on pourrait tout à fait dire ça. Dans mon émission-podcast Flow sur l’application Majelan, je commence toujours par analyser la figure de style qui me semble récurrente, parfois inconsciemment, dans les prises de parole de  mes invités. Par exemple pour Alex Vizorek, il s’agit de l’analogie, pour Charles Berling j’ai pris l’équivoque (cf. le jeu de mots adressé au Roi dans le film Ridicule : « Sire, le Roi n’est pas un sujet »). Ce que j’aime repérer aussi, chez mes interlocuteurs, c’est un adverbe fréquemment utilisé qui sous-tend sa personnalité. Enfin, je cherche à trouver le rythme spontané du débit propre à chacun, c’est-à-dire, d’un point de vue métrique ou rythmique, le nombre de syllabes prononcées dans un même souffle.

Vous retrouvez des participants d’une année sur l’autre, gage d’un beau succès ?

C’est plutôt une réussite en effet, même s’il peut exister un effet pervers à cette relative identité du groupe d’une année sur l’autre. En effet, certains participants pourraient avoir tendance à vouloir continuer entre eux, avec une résistance potentielle à accueillir de nouveaux membres. Sans doute qu’il faut les bousculer un peu, sans trop les brusquer.

Quelles vos difficultés dans cet exercice de style ?

La difficulté principale, pour moi, c’est précisément celle-ci : arriver à instaurer un cadre sans être autoritaire. Je répugne à être trop directif, mais parfois il est nécessaire de maintenir un cap de façon assez catégorique, de sorte que l’idée maîtresse de l’atelier, qui consiste à produire des discours, ne soit pas parasitée par des demandes annexes, quant à des détails de mise en scène par exemple. Je dois sans doute m’améliorer un peu pour parvenir à recadrer tranquillement les choses.

Les sites où vous pouvez retrouver toute l’actu de Julien Barret :

www.criticomique.com
www.criticomique.com/flow-atelier-oratoire-podcast-parole
www.linkedin.com/in/julien-barret

 

 

]]>
Festival : « Humour et eau salée » à Saint-Georges-de-Didonne http://www.xn--thatres-cya.com/articles/festival-humour-et-eau-salee-a-saint-georges-de-didonne/ Wed, 05 Aug 2020 15:27:18 +0000 http://www.xn--thatres-cya.com/?p=17948 Pour sa 35e édition de ce festival,son Directeur, Denis Lecat, n’a pas lésiné sur la programmation malgré la séquence particulière que nous vivons. Ce festival d’humour rayonne depuis des années dans cette région des Charentes Maritimes offrant au public local et aux touristes des spectacles de rue originaux et de qualité. A cet effet, les performances de ces artistes sont visibles dans de nombreux « spots » de la ville permettant aux organisateurs de s’approprier un public plus large d’année en année…

 

 

 

Ce festival familial et populaire se signale par son aspect participatif associant un public estival bigarré. Accompagné par un solide volant de bénévoles sans lequel ce festival ne pourrait se tenir, « Humour et Eau salée » présente chaque année une thématique précise et originale. Cette année, « Musique et bricolage » constitue le fil rouge de cette 35e édition.

 

 

 

 

 

En marge de cette thématique, s’est déroulé sur la plage de Saint-Georges-de-Didonne le 3ème Championnat mondial d’Alpinisme horizontal. Ce championnat pas comme les autres s’est proposé de mettre en défaut M. Covid19. Après avoir reconstruit  Notre-Dame l’an passé, l’illustre JBen a concocté une escalade salutaire, pour tous ceux qui sont sujets au vertige, afin de mettre la pâtée à ce M. Covid19.

 

 

 

Comment refaire vivre le cultissime film de Sergio Leone « Le Bon, la Brute et le Truand »avec quelques planches et cagettes ? C’est à ce défi que s’est attaqué Le Magnifique Bon à rien de la Cie Chicken Street. Serge Badot reconstitue avec soin et une imagination débordante les scènes cultes de ce classique du Western-Spaghetti. Tout y est : l’ambiance, la célèbre musique d’Ennio Morricone et les personnages (Blondin, Santanza et Tuco, à savoir Clint Eastwood, Lee Van Cleef et Eli Wallach)). Avec ses palettes et ses ballons qui explosent parachevant les tirs, Serge Badot colle fidèlement au déroulé du film de manière étonnante. Un spectacle drôle et plein de saveur pour ce performeur !

 

Mais le festival revendique également son identité musicale. A ce titre, deux compagnies se sont succédées dans des registres bien différents : La Cie Dynamite Transfert et Chanson d’Occasion.

 

 

 

La Cie Dynamite Transfert a pris le soin de fournir au public un livret contenant un large répertoire de chansons françaises et internationales. Piochant dans ce vaste répertoire, le public interpelle ces deux guitaristes afin d’entonner avec eux ces tubes éternels. Dans cette ambiance où la participation est de mise, chacun dispose du micro pour s’exprimer musicalement. Un joli moment de partage !

 

 

 

 

Chanson d’occasion nous a présenté un répertoire de chansons « relookées », façon swing manouche. Grâce à leur tempo effréné, ils ont su monté d’un cran la température du public qui en redemandait.

 

 

 

Notre parcours musical dans ce festival s’est poursuivi avec Kosh, un incroyable « Beatboxer » qui ne se contente pas de faire le show. Bien au contraire, ce performeur  nous le fait vivre en partageant avec nous son parcours de vie. Entre sketchs et performance, cet artiste nous livre avec générosité un bel étalage de son art jusqu’à en livrer quelques clés avec le public.

 

 

 

Un bel hommage musical a été rendu par Anne Mousserion, violoncelliste, qui intervient au sein des prestigieux orchestres de la Suisse Romande, du Capitole de Toulouse et de l’Opéra de Paris. Cette artiste, très douée, s’est consacrée à la création improvisée de portraits musicaux qu’elle réalise un peu partout en France. Ce joli moment intimiste a été proposé à plusieurs reprises dans ces établissements de Saint Georges-de Didonne pour la grande joie de ses pensionnaires. Écoutant le fil de ces vies toujours plus riches et émouvantes les unes que les autres, elle tisse avec intelligence un lien musical avec eux. Le maître mot est l’émotion qui est alors donnée en partage. Tout l’inspire afin de donner corps à l’écoute de ces tranches d’existence. Ecoute, générosité et émotion sont au cœur de cette magnifique performance.

 

 

Julien Barret, journaliste et auteur spécialisé dans les questions linguistiques, recentre le festival sur sa thématique « musique et bricolage » en animant un atelier d’art oratoire à des participants bénévoles. Cet atelier qui se veut ludique et créatif propose une déclinaison d’histoires sous des modes différents (slam, poème, chanson…) en respectant des petites contraintes. Julien Barret coordonne ce travail avec efficacité et humour qui sera présenté au public. Cette très belle formule inspirante allie esprit de groupe, apprentissage, détente et bien sûr humour pour ces conteurs en herbe.

 

 

Enfin, ce festival qui se veut éclectique nous a présenté une étrange machine. Magique pour certains ou poétique pour d’autres, cette machine ou Skryf est la création Gijs Van Bon. 

 

 

 

Disposant d’une mémoire, cette machine restitue des phrases préalablement enregistrées sur le sol à l’aide de sable qu’elle manipule. Cet étonnant mécanisme nous démontre la fragilité de l’instant, la volatilité du moment… Une belle philosophie de la vie délivrée par ce créateur original.

]]>
Théâtre : « Une vie de Gérard en Occident » au TdB http://www.xn--thatres-cya.com/articles/theatre-une-vie-de-gerard-en-occident-au-tdb/ Sat, 25 Jul 2020 10:35:03 +0000 http://www.xn--thatres-cya.com/?p=17938 Pendant tout l’été, le Théâtre de Belleville reprend des couleurs après une période de confinement. Il nous propose  actuellement ce seul en scène de François Beaune, Une vie de Gérard en Occident. Ce spectacle, drôle et touchant, nous livre quelques pages de la vie de Gérard. Une existence, créée à la lumière de récits vendéens et, mise en forme avec  sincérité et naturel sous la plume de François Beaune.

Gérard Airaudeau devient le produit de toutes ces rencontres. Nous sommes dans la salle des fêtes de Saint-Jean-des-Oies, quelque part en Vendée. Il attend la visite de Marianne, une député qui veut rencontrer « des vrais gens ». Pour patienter Gérard, véritable griot de notre temps, raconte sa vie, sa commune , son pays, sa France des années 70 à nos jours.

Dans son discours plein de saveur et d’humilité, Gérard joue la crédulité tout en laissant percer son absence de duperie. Il déroule sa vie qui s’entremêle avec la réalité sociale des années 70 où le monde rural et ouvrier prenait toute sa place. Mais à la faveur de cette rude vie, Gérard se pose en témoin des magouilles politiques locales, des événements où la petite dramaturgie rejoint le quotidien politique national. Gérard brasse les strates de sa vie familiale qui se télescopent avec sa nouvelle vie d’ouvrier dans une usine. « Working class hero », version vendéenne, il juge, s’interroge mais toujours avec bienveillance … Ce spectacle devient alors le laboratoire de vie de ces années 70 en  embrassant pêle-mêle la culture, la politique, l’économie, l’amour, le local et le national.

Cette création s’apparente à un patchwork de sentiments et d’attentes où les expériences et les mythes se confondent en un tout formant le terreau de nos propres existences. Gérard nous raconte notre propre vie. Et c’est là que réside la force du jeu de Gérard Potier qui nous fait passer dans le chas d’une aiguille afin de nous verser dans le creuset de la vie. Il incarne avec bonhomie et a priori falot ce personnage qui démontre au fil de la pièce toute sa force. Une très belle performance !

Laurent Schteiner

Une vie de Gérard en Occident de François Beaune
mise en scène et avec Gérard Potier

  • Collaboration artistique : Gérard Baraton
  • Création lumières : Eric Seldubuisson
  • Création sonore : Marine Iger
  • Chargé de production : Julien Blanchard 
  • © photo Jean Freetz

Théâtre de Belleville
16 passage Piver
75011 Paris
www.theatredebelleville.com

Tel : 01 48 06 72 34

jusqu’au 27 septembre 2020, du mercredi au samedi à 19h30, le dimanche à 17h

 

]]>
Festival : « Le souffle d’Avignon » au Cloître Palais des Papes du 16 au 23 Juillet 2020 http://www.xn--thatres-cya.com/articles/festival-le-souffle-davignon-au-cloitre-palais-des-papes-du-16-au-23-juillet-2020/ Fri, 03 Jul 2020 19:12:13 +0000 http://www.xn--thatres-cya.com/?p=17919 Avignon refait parler de théâtre en proposant « Le souffle d’Avignon », soit une semaine de lectures animées par les Scènes d’Avignon (Président Serge Barbuscia) (Théâtre du Balcon, Théâtre des Carmes, Théâtre du Chêne Noir, Théâtre du Chien qui Fume, Théâtre des Halles) au Cloître Palais des Papes du 16 au 23 Juillet 2020… Entrée libre sur réservation au 04 90 85 00 80…

 Ce Festival emmené par les artistes et auteurs : Philippe Caubère, Jacques Frantz, Laurent Montel, Pierre Forest, Richard Martin, Jean Marie Cornille Virginie Lemoine, Pierre Notte,​Laura Léoni, Eric Bu et Elodie Menant (Molière 2020 spectacle musical et révélation féminine) , Rémi de Vos, Serge Valetti, Léonore Confino,  Jean -Paul Lilienfeld, Mateï Visniec, Jean Teulé Frédéric Fage, Rufus, Jean Paul Tribout, Gérard Gélas, Alain Timar, Gérard Vantaggioli, Julien Gélas, Sébastien Benedetto, Serge Barbuscia, Camille Carraz, Fabrice Lebert, …
Le choix de ces lectures est axé sur la mise en lumière de textes inédits. Les 5 théâtres composant les Scènes d’Avignon accompagnent tout au long de l’année dans leur programmation et lors du Festival des auteurs contemporains. Leurs volontés communes est de continuer à mettre en avant les auteurs à la genèse de toute création théâtrale. De faire se rencontrer metteurs en scène, comédiens et public. Ce projet permettra de faire entendre pour la première fois un texte et pour l’auteur envisagé une 2ème étape d’écriture. Pour un metteur en scène d’entendre le texte par la distribution envisagée. Ces lectures permettront des étapes de travail indispensables qui n’ont pu avoir lieu pour cause de confinement
 
« Et surtout, surtout, disons à nos enfants qu’ils arrivent sur terre quasiment au début d’une histoire et non pas à sa fin désenchantée. »
Ces mots d’Ariane Mnouchkine, prononcés au début de cette crise sanitaire, sont d’une générosité et d’une humanité bouleversantes. Plus que jamais, cette espérance est vitale, et nous voulons croire qu’elle est également à l’origine de la création du festival d’Avignon par Jean Vilar. C’est ce qui nous parait si émouvant dans ce projet de lectures théâtrales, cette volonté de préserver coûte que coûte le souffle et l’esprit des origines.
Cette initiative est animée par les Scènes d’Avignon, 5 théâtres permanents et conventionnés : Théâtres du Balcon(Serge Barbuscia), des Carmes (Sébastien Benedetto), du Chêne Noir (Gérard et Julien Gélas), du Chien qui Fume (Gérard Vantaggioli), des Halles (Alain Timàr). L’idée est de revenir à l’essentiel de notre métier sévèrement touché et muselé par l’épreuve du covid 19.
Il nous paraît impensable de laisser Avignon  » muette » en juillet prochain et au fil des rencontres et discussions avec de nombreux artistes (auteurs, comédiens …) est venue naturellement l’idée de revenir sur le lieu de naissance du Festival. Tels les gardiens du feu qui dans des temps lointains conservaient les braises, nous souhaitons sauvegarder un « murmure Théâtral » par des lectures de textes parfois inédits et avec la complicité d’actrices et d’acteurs et ce en présence des auteurs… Dans ces moments particuliers qui nous obligent à la solidarité , nous tenons absolument à rétribuer chaque artiste, auteur, metteur en scène.
]]>
Théâtre : « Hedda » au TDB ! http://www.xn--thatres-cya.com/articles/theatre-hedda-au-tdb/ Fri, 26 Jun 2020 11:30:57 +0000 http://www.xn--thatres-cya.com/?p=17903 Pour sa rentrée post-confinement, le Théâtre de Belleville nous propose un magnifique seul en scène, Hedda, interprétée de belle manière par Lena Paugam.  Ce spectacle intelligent et joliment écrit par Sigrid Carré-Lecoindre s’attache à décrire le mécanisme conduisant à la violence domestique. Lena Paugam et Sigrid Carré-Lecoindre ont créé un spectacle à forte charge émotionnelle sur la violence domestique dont le processus témoigne des graves manquements de notre société en la matière.

Cette pièce assise sur des bases factuelles décrit avec minutie ce mécanisme d’horlogerie qui préfigure l’installation de la violence domestique dans le couple. Au commencement de cette histoire, Hedda, tombe follement amoureuse. Une grande histoire d’amour s’ensuit. Ils vivent cette relation en parfaite symbiose. L’histoire d’Hedda est l’histoire d’une jeune femme qui « bégaye sa vie » et réussit à devenir éditrice, à force de persévérance. Cette réussite apporte son lot de frustrations masculines générant une perversité inattendue suivie de violence. La sidération s’abat sur Hedda. Tétanisée, elle fait face à un discours qui alterne excuses et compromissions. Elle s’enfonce dans le silence. La sidération fait place à la sauvegarde d’un passé heureux auquel elle se raccroche et qui préserve son idéal de bonheur. Ce silence crée une dichotomie préjudiciable emmurant Hedda dans une spirale auto-destructrice.

Lena Paugam, manie le verbe avec aisance en nous embarquant dans cette histoire tristement et dramatiquement banale. Son interprétation naturelle renforce cette dramaturgie annoncée. On assiste à une décomposition de cette femme en devenir de rêves et d’amour. Elle se ratatine sous l’effet de la bêtise et de la jalousie. La comédienne nous fait entrer dans la psychologie de Hedda qui se refuse à renoncer à ses rêves qui se sont brutalement évanouis. Cet aveuglement mortifère la prive dès lors de tout recours. Ce spectacle, bâti avec finesse, met en relief la persévérance des rêves d’enfant qui se fracassent sur une triste et dure réalité.  Lena Paugam, qui interprète et signe cette mise en scène, domine son sujet en apportant naturel, délicatesse et intelligence.

Laurent Schteiner

 

Hedda de Sigrid Carré-Lecoindre
Mise en scène de Lena Paugam

avec Lena Paugam

  • Dramaturgie : Sigrid Carré-Lecoindre, Lena Paugam, Lucas Lelièvre
  • création sonore : Lucas Lelièvre
  • Chorégraphie : Bastien Lefèvre
  • Scénographie : Juliette Azémar
  • Création lumière : Jennifer Montesantos
  • © photo Pauline Le Goff

Tournées :

  • Mardi 3 novembre 2020 : Scène nationale de l’Essone-Evry (91)
  • Vendredi 27 novembre 2020 : Espace culturel de la Hague (50)
  • Dimanche 7 mars 2021 : Théâtre d’Etampes (91)
  • Jeudi 11 mars 2020 : Théâtre de l’Arche à Tréguier (22)
  • Vendredi 2 avril 2021 : Théâtre Le Rayon vert-St Valery-en-Caux (76)
  • Du 6 au 8 avril 2021 : Théâtre de Verdun
  • Saison 21/22 : 3 représentations au Liberté Scène Nationale de Toulon
]]>