Théatres.com http://www.xn--thatres-cya.com Le théatres sur Paris, téléchargez des podcasts et interviews,theatre, sortie, sortir, piece de theatre, spectacle, theatre, podcast, interview, L'Arche editeur, Editions theatrales, L"Harmattan, Actes Sud, theatre contemporain, theatre classique, theatre jeune public, danse, music-hall, seul en scène, one man show, performance, billetreduc, ticketac, fnac spectacle, les 3 coups Mon, 09 Nov 2020 11:14:59 +0000 fr-FR hourly 1 Éditions l’espace d’un instant : Focus sur Jeton Neziraj http://www.xn--thatres-cya.com/articles/editions-lespace-dun-instant-focus-sur-jeton-neziraj/ Mon, 09 Nov 2020 11:13:32 +0000 http://www.xn--thatres-cya.com/?p=18297 Jeton Neziraj, dramaturge et scénariste originaire du Kosovo a été récemment mis à l’honneur aux l’espace d’un instant avec une double parution « Peer Gynt du Kosovo/ L’effondrement de la Tour Eiffel ». Retour sur ces deux textes pour le moins percutants.

Peer Gynt du Kosovo

Inspiré du classique D’Ibsen, ce Peer Gynt met en scène un jeune kosovar qui dans notre Europe contemporaine se prend à rêver d’un avenir meilleur, ailleurs. Sa quête initiatique au départ lumineuse et pleine d’espoir se mue rapidement en une suite de désillusions et de difficultés. Dans ce texte, Jeton Neziraj dresse un portrait sans concession de cette Europe qui n’est pas à la hauteur de ses promesses pour bon nombre de jeunes en quête d’un ailleurs plus radieux, une Europe qui creuse les inégalités entre les peuples et qui ne laisse finalement pas beaucoup de chances à ceux qui ne sont pas du bon côté. L’écriture joue de la tonalité poétique de Peer Gynt tout en regardant les problématiques bien en face, sans baisser les yeux, pour un style équilibré qui donne à réfléchir.

« Pleure pas
Tu m’entends
Maman
Je suis bien
C’est pas si mal ici. Beaucoup mieux que là-bas
Pitié pleure plus, tu me fais du chagrin
J’ai pas menti
Bon d’accord, j’ai menti.
Un peu.
C’était pas un papier pour l’école, évidemment
Si je te l’avais dit, tu m’aurais jamais laissé partir, papa encore moins »

L’effondrement de la Tour Eiffel

Ici encore, Jeton Neziraj n’a pas froid aux yeux et se risque à traiter non sans humour un des sujets les plus épineux du moment l’extrémisme religieux, s’amusant à mettre en scène quasiment au titre de personnage le niqab. Histoires croisées sur fond de passion amoureuse, de soldats des Balkans, et d’un mystérieux assaillant qui enlève les voiles des femmes qu’il croise, l’intrigue fonctionne parfaitement dans un crescendo savamment maîtrisé. Mettant les pieds dans le plat sur la question des divisions culturelles propre à notre époque, Jeton Neziraj s’avère être un auteur audacieux et doté d’un humour féroce, doux-amer. À découvrir.

« Habib : Pourquoi a-t-elle décidé de porter le voile ?
José : À cause d’un rêve. Elle rêvait beaucoup. Un rêve la poursuivait, l’étouffait, ça l’agitait la nuit. Un matin sur l’oreiller, je trouve une lettre. Cette lettre, je la porte toujours sur moi. Je la vois, j’ose pas la lire, j’ai peur. Je me souviens, je me lève, je la cherche dans la salle de bain, sur le balcon, dans le salon…elle n’y est pas. Alors je cours comme un fou vers la lettre et je la lis. Elle est là dans la poche de mon manteau … »

Peer Gynt du Kosovo / L’effondrement de la Tour Eiffel

de Jeton Neziraj

ISBN 978 2 37572 015 8
17€

Éditions l’espace d’un instant

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Éditions l’espace d’un instant : « La récolte » de Pavel Priajko http://www.xn--thatres-cya.com/articles/editions-lespace-dun-instant-la-recolte-de-pavel-priajko/ Mon, 09 Nov 2020 11:11:08 +0000 http://www.xn--thatres-cya.com/?p=18295 À l’occasion de la parution du texte de Pavel Priajko aux éditions l’espace d’un instant, retour sur notre critique du spectacle mis en scène par Dominique Dolmieu autour de ce texte surprenant.

Caractérisée un dispositif scénique bi-frontal, cette farce noire met une fois de plus en lumière la richesse des écritures issues des pays de l’est, en l’occurence ici la Biélorussie.Quatre individus en costumes de ville semblent être catapultés dans un univers rural qu’ils maîtrisent mal, un verger. Leur mission : récolter toutes les pommes, les trier, les ranger, les classer. S’ils semblent au premier abord émerveillés par l’objet de leur attention et respectueux de cet environnement naturel ils vont, par leur acharnement maladif à remplir cette mission, conduire à la dévastation de ce jardin d’Eden.

Pavel Priajko dans un style incisif dépeint la mésaventure férocement drôle de quatre clowns tragiques, littéralement obsédés par cette récolte de pommes. Une pomme comme objet de culte qui va leur causer bien des tracas et conduire à une ascension méthodique d’un désastre programmé. Hautement symbolique à plusieurs niveaux, cette tragi-comédie aux accents beckettien saisit le spectateur par la justesse de son regard sur des hommes hébétés et inconscients, des hommes qui ne trouvent pas leur place. Dans une mise en scène de l’excès où le grotesque flirte dangereusement avec la noirceur, Dominque Dolmieu nourrit avec précision un malaise grandissant. Alors que les premières tentatives ridicules de ranger les pommes se soldent par nombre d’échecs gagesques, les rires de la salle se crispent à mesure que les quatre protagonistes saccagent ce jardin fantasmé. Métaphore écrasante du monde, l’homme en se parant de bonnes intentions, sclérose tout sur son passage laissant derrière lui une terre dévastée. Il s’en retourne, sa mission de destruction massive achevée sans un regard, sans l’ombre d’une émotion, insensible au résultat macabre de son action sur ce qui l’entoure. Incarné avec brio par les quatre comédiens Céline Barcq, Barnabé Perrotey, Salomé Richez et Federico Uguccioni la pièce fait un état des lieux poétique et sinistre à la fois sur ce détachement pessimiste du citoyen à l’égard de la globalité d’une planète en déclin. Sur un format relativement court tel un condensé d’humanité en péril, Dominique Dolimeu fait résonner avec force le cynisme de Priajko et immerge le bunker de la MEO dans une atmosphère post-apocalyptique jubilatoire.

Audrey Jean

« La Récolte » de Pavel Priajko
Mise en scène de Dominique Dolmieu

Texte paru aux Éditions l’espace d’un instant 

ISBN 978-2-37572-010-3
13€

]]> Théâtre : Échos ruraux au Théâtre de l’Étoile du Nord, à ne pas manquer ! http://www.xn--thatres-cya.com/articles/theatre-echos-ruraux-au-theatre-de-letoile-du-nord-a-ne-pas-manquer/ Mon, 26 Oct 2020 08:56:14 +0000 http://www.xn--thatres-cya.com/?p=18262 « Échos Ruraux »  le dernier spectacle de la Compagnie des Entichés est issu d’une résidence d’écriture en territoire rural et écrit à quatre mains par Mélanie Charvy et Milie Duyé. Au terme d’une dramaturgie efficace la pièce parvient à mettre en lumière la majorité des problématiques rencontrées dans certaines zones abandonnées depuis longtemps des pouvoirs publics. Servi par une équipe émérite « Échos ruraux » est  une réussite en tous points et à l’occasion de la reprise à Paris de ce spectacle, retour sur nos impressions lors de sa création en Avignon.

Thomas et Karine sont frère et soeur mais ils n’ont vraisemblablement pas grand-chose en commun. Thomas a repris l’exploitation familiale, un petit élevage de bovins dans le village de Vigneux, et a entamé une conversion au bio. Tandis que Karine est partie dès qu’elle a pu vers la capitale faire des études de droit en donnant des nouvelles de manière très épisodique. Le décès du père de famille réunit la fratrie dans le village. Les retrouvailles se font sous tension, les dettes se sont accumulées, des décisions sont à prendre.

La première réussite des Entichés réside dans la densité de son récit. En parallèle de l’histoire familiale les deux autrices parviennent à interpeller le spectateur sur des enjeux beaucoup plus larges, notamment grâce aux scènes jubilatoires des conseils municipaux. La petite histoire croise ainsi subtilement la grande, l’intime et le personnel mettent en lumière le sociétal, le politique, le réel enfin. La forme est tout aussi aboutie que le fond. Le sculptural praticable illustre tous les espaces de l’action avec brio souligné par une très belle création lumière. La scénographie choisie est volontairement abstraite, pas d’accessoires, costumes simples, seule une tenue de travail permet à un moment d’identifier visuellement un facteur de ruralité. Cette décision esthétique est particulièrement judicieuse, elle nous propulse immédiatement dans ce que le spectacle a malheureusement d’universel. Les difficultés rencontrées à Vigneux se retrouvent en effet partout et de plus en plus en France. Une fracture, une séparation de classes, une faille de plus en plus béante qui creuse des inégalités parfois dès la naissance. Écoles publiques qui ferment les unes après les autres, pas ou peu de transports en commun, politique culturelle proche du néant et autant de misère sociale que les petites municipalités n’ont pas les moyens de gérer seuls. De quand date le début de cet abandon ? Combien de temps encore aurons-nous la sensation d’un pays coupé en deux ?
Six acteurs au plateau se partagent les personnages de ce texte percutant. Aurélien Pawloff, dans le rôle de Thomas, trouve ici une partition de choix et s’y jette avec beaucoup d’intensité. Tour à tour bourru ou bouleversant, il sait que le personnage est complexe et son interprétation sur le fil, d’une grande sensibilité, lui confère toute l’épaisseur nécessaire. Son pendant féminin incarné avec brio par Loris Reynaert joue la retenue et révèle lentement ses failles. Les seconds rôles ne déméritent pas, la distribution est d’ailleurs exemplaire, parfaitement équilibrée. Tous dessinent les contours de leurs personnages avec bienveillance, sans caricature ni jugement. Saluons tout de même le travail de Clémentine Lamothe qui, en plus de donner corps à une grand-mère haute en couleurs, nous gratifie d’un concert pour le moins original.
Nous suivons sur nos pages les Entichés depuis longtemps et avions par le passé déjà été séduit par leur engagement, force est de constater qu’ici ils franchissent un cap majeur. « Échos ruraux » est une plongée sans concession dans le milieu rural français, un regard objectif et incisif sur les oubliés  de la République pour un manifeste politique qui interpelle et émeut. Audrey Jean« Échos ruraux » écrit et mis en scène par Mélanie Charvy et Milie Duyé Avec Aurore Bourgois Demachy, Charles Dunnet, Virginie Ruth Joseph, Clémentine Lamothe, Thomas Bouyou, Romain Picquart et Loris Reynaert

Théâtre de l’Étoile du Nord 

Mercredi 28, jeudi 29 et vendredi 30 octobre – 19h
Samedi 31 octobre – 17h
Lundi 2 novembre – 19h
Mardi 3 novembre – 18h30

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Théâtre : Sebastien Desjours lumineux dans « Point Cardinal » http://www.xn--thatres-cya.com/articles/theatre-sebastien-desjours-lumineux-dans-point-cardinal/ Sat, 24 Oct 2020 13:11:28 +0000 http://www.xn--thatres-cya.com/?p=18280 Dans le roman Point Cardinal, Léonor de Récondo livre un récit polyphonique et initiatique de la transformation de Laurent, né dans le mauvais corps, sa lente découverte de ce qui était enfoui là des le début, puis le chemin sinueux vers l’acceptation de son nouveau genre. Sebastien Desjours adapte magistralement le texte pour la scène et y livre en prime une performance bouleversante et solaire. Portant le récit à la première personne, il s’attarde à développer les étapes de ce parcours houleux avec sensibilité, tant par le prisme de l’introspection que par celui du regard d’autrui notamment celui de la cellule familiale. Laurent avant de devenir Laurène est en effet marié et père de famille.

Plongé dans un clair-obscur intimiste le plateau du Théâtre de Belleville s’apprête à recueillir la parole  de Laurent, une parole faite de mal-être, de non-dits, de secrets, de peurs et de doutes face au vide abyssal que peut représenter ce saut vers l’inconnu, être une femme dans un corps d’homme. Aussi loin qu’il s’en souvienne pourtant il l’a su, quelque part c’était déjà là dans le ventre, dans la tête, sur la peau peut-être mais il faut d’abord entamer le combat avec soi, l’admettre pour que ça devienne une réalité vraie. Puis quand la lutte intestine prend fin, quand Laurent se reconnait dans le miroir sous les traits de Laurène ce n’est pourtant pas fini, viennent les autres, leurs regards, leur jugement, leur incompréhension, autant d’étapes à surmonter pour que « il » devienne « elle », pour être enfin soi. Sur le fil, avec pudeur et pour autant une émotion incandescente  le récit ne tombe jamais dans le piège du pathos, ou dans l’écueil du sensationnel, la facilité de la psychologie de comptoir. C’est une traversée sensible, un passage d’un état à un autre, Laurent nous livre avec fièvre les étapes de la quête du soi, de la recherche du vrai, de l’acceptation de sa nature profonde quand bien même celle-ci serait le genre féminin alors qu’il est né homme. En alternant les types de narrations Sébastien Desjours nous inclut dans le récit, interpellant de manière délicate le spectateur pour révéler toute l’humanité de cette histoire, ramenant la question de la transidentité à ses questionnements universels, faire taire les dissonances en chacun pour trouver la sérénité d’être en accord avec soi. Il donne indéniablement beaucoup de lui dans cette performance, et trouve un équilibre remarquable entre le masculin et le féminin bien au delà des clichés, quelque chose de bien plus grand et de finalement très humain. Un spectacle coup de poing à ne pas manquer.

Audrey Jean

Point Cardinal

Texte Léonor de Récondo
Adaptation scénique, conception et jeu Sébastien Desjours
Collaboration artistique Claire Chastel et Bénédicte Rochas
Scénographie et costumes Anne Lezervant
Collaboration à la scénographie Quentin Paulhiac

Théâtre de Belleville jusqu’au 30 décembre 

Nouveaux horaires
à partir du 21 oct.

– Mer.  : 19h (fin à 20h05)

– Jeu. : 19h (fin à 20h05)

– Ven. : 19h (fin à 20h05)

– Sam. : 19h (fin à 20h05)

– Dim. : 15h (fin à 16h05) en oct. et 14h30 (fin à 15h35) en nov.

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Théâtre : « Peter Pan » à Bobino http://www.xn--thatres-cya.com/articles/theatre-peter-pan-a-bobino/ Fri, 23 Oct 2020 14:39:53 +0000 http://www.xn--thatres-cya.com/?p=18283 Peter Pan, immortalisé par le roman éponyme de l’écossais James M. Barrie et paru en 1904, a été librement adapté dans une belle comédie musicale dont Guy Grimberg a le secret. Installé à Bobino, Guy Grimberg nous livre dans un très bel écrin ce nouveau spectacle où les rires, l’émerveillement et les émotions sont au rendez-vous des petits et des grands !

« Ce soir, Mr et Mme Darling vont au théâtre ; leurs trois enfants, Wendy, John et Michaël se retrouvent donc seuls à la maison. C’est l’occasion rêvée pour Peter Pan de leur rendre une visite inattendue ! Le garçon qui « refuse de grandir » les persuade alors de l’accompagner jusqu’au Pays Imaginaire… Le vol est féérique et, arrivés là-bas, ils vivent d’extraordinaires aventures où se mêlent les Peaux-Rouges, Lili la tigresse, les pirates et leur chef le terrible Capitaine Crochet… Dans de magnifiques costumes, quatorze artistes jouent, dansent, chantent en « live », se battent et volent dans de sublimes décors. Cette énergique troupe s’en donne à cœur joie pour embarquer petits et grands dans les aventures haletantes de Peter Pan. 

Guy Grimberg nous gratifie d’un spectacle haut en couleurs en s’appuyant sur une très belle scénographie entrecoupée de vidéos qui apportent  rêve et enchantement aux petits. On ne peut s’empêcher de réfléchir à ce thème des enfants perdus vivant au pays imaginaire. Cette part du rêve conforte les enfants dans une part d’enfance bien heureuse et joyeuse. Le retour de Wendy et sa fratrie dans la réalité appelle a contrario les enfants à grandir… Les comédiens délivrent une belle partition. Saluons la belle présence scénique incontournable de Delphine Le Moine (Wendy) qui assure une prestation de qualité !

Laurent Schteiner

Peter Pan d’après SIR JAMES M. BARRIE
Adaptation MARTINE NOUVEL 
Mise en scène de Guy GRIMBERG

Avec THIBAUT BOIDIN, DELPHINE LE MOINE, MATTHIEU BRUGOT ou RÉGIS OLIVIER, JADE VIARDS, MARIE DE OLIVEIRA, SARAH FILC, CAMILLE MARTINEZ, AUDREY FAYOLLE, MAÉVA MATHON, RÉGIS CHAUSSARD, CHRISTOPHE TOURAUD, OLIVIER FORNARA, ALEXIS CERANI, GAELLE PAULY ou MARLÈNE CONNAN

  • Musique : SERGE LEONARDI, MARTIN B. JANSSEN et RAPHAËL SANCHEZ
  • Chorégraphie  : JOHAN NUS
  • Scénographie : GUY GRIMBERG
  • © photos :  Charlotte SPILL

Bobino
14-20, rue de la Gaîté
75014 Paris

tel : 01 43 27 24 24
www.bobino.fr

Jusqu’au 16 janvier 2021 et tous les jours pendant les vacances scolaires

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